AAC/CfP: Les intrigues de la traduction / The twists and turns of translation

Cahiers de littérature orale (n°104, 2028)

Coordinateurs : Laurent Legrain (laurent.legrain@univ-tlse2.fr) & Katell Morand (kmorand@parisnanterre.fr)
 
Les résumés d’articles ou de documents (format court) sont à envoyer avant le 15 octobre 2026. En cas d’acceptation, les articles devront être transmis avant le 15 mai 2027.
 
Ce numéro invite les anthropologues, les linguistes, les spécialistes de la littérature orale, les philologues et les ethnomusicologues à se pencher sur leurs pratiques de la traduction. Il part d’un constat : les aléas de la traduction, bien que constitutifs d’un processus de recherche, sont souvent peu visibles dans les publications finales. Les anthropologues, par exemple, éprouvent un certain plaisir à se mettre en scène à leur désavantage : désemparés, incompétents, légèrement ridicules. Mais s’il est une matière à dérision qui persiste rarement au-delà des premières pages, c’est bien leur compétence linguistique. Alors que beaucoup d’ethnographes se trouvent au départ assez mal engagés, leur acquisition de la langue à marche forcée ne fait ensuite aucun doute. De sujet de risée à leur arrivée sur le terrain, ils se transforment, à l’image de Malinowski, en locuteurs avertis, attentifs aux nuances les plus fines de ce qu’ils entendent. Beaucoup des paroles entendues, dûment notées, s’ajoutent à la masse des matériaux d’enquête ; certaines, parmi les plus saillantes et les plus intrigantes, seront traitées comme objets à part entière (chants, poèmes, contes, proverbes, énonciations rituelles, épopées, etc.).
Or transcrire et traduire des énoncés, a fortiori lorsqu’ils appartiennent au grand ensemble des arts verbaux, est une affaire complexe qui ne repose pas sur les seules compétences durement acquises des enquêteurs. Les énoncés, textes, ou chants conservent une opacité ; ne se dévoilant qu’en partie, ils résistent à l’interprétation. Le circuit de leur traduction, jamais court, multiplie les acteurs, les malentendus, les erreurs, les bifurcations et les péripéties (Fabian 1995, Caton 2005). Chercher à traduire, c’est donc entrer de plain-pied dans une intrigue. Et ce sont ces intrigues de la traduction, avec leurs ressorts et leurs temporalités, que ce numéro invite à décrire et à analyser.
 
English version : CFP_CLO_Translation
 

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
editapela (25 mai 2026). AAC/CfP: Les intrigues de la traduction / The twists and turns of translation. Carnets de littératures africaines. Consulté le 13 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16aq4