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AAC: Relire le canon français depuis les littératures francophones

Journée d’étude à l’Université de Montpellier Paul-Valéry

19 mars 2027

La journée d’étude, inscrite dans le cadre du programme « Francophonies et mondialisation des productions culturelles, littéraires et artistiques » de l’Université de Montpellier Paul-Valéry (laboratoire RIRRA 21), est organisée par Linda Rasoamanana.

Modalités de réponse et de participation

 Les propositions de communication, d’environ 500 mots, assorties d’un titre, d’une brève présentation bio-bibliographique et de l’indication de l’affiliation institutionnelle, devront être envoyées par courriel au plus tard le vendredi 20 novembre 2026 à l’adresse suivante : linda.rasoamanana@umpv.fr

Après évaluation des propositions par le comité scientifique, les notifications d’acceptation seront communiquées au plus tard le vendredi 18 décembre 2026.
Les interventions n’excèderont pas 20 minutes et seront suivies de 10 minutes de discussion.
La journée d’étude se tiendra le vendredi 19 mars 2027 à l’Université de Montpellier Paul-Valéry, site Saint-Charles.

Argumentaire

Cette journée d’étude se propose de reconfigurer le regard critique à partir des littératures francophones comme nouveau point d’observation. Un tel changement de perspective implique d’interroger les habitudes heuristiques, les hiérarchies institutionnelles et les approches historiques qui ont longtemps organisé les études littéraires en français. Encore aujourd’hui, les relations entre les productions françaises et francophones restent marquées par la forte asymétrie des légitimités et la faible réversibilité des transferts.
En dépit de certains raccourcis, les membres du collectif Pour une littérature-monde ont contribué en 2007 à promouvoir un décloisonnement entre les littératures de langue française. Alain Mabanckou y avait décrypté les pesanteurs de la hiérarchie symbolique jusque dans les antonomases prétendument élogieuses telles que « le Voltaire africain » ou « le Céline tropical ». Du côté de la critique universitaire, à la suite de Denis Hollier qui avait commencé à désenclaver l’histoire de la littérature française du paradigme national (De la littérature française, 1995), des chercheurs francophonistes ou comparatistes ont repensé la littérature de langue française selon des perspectives décentrées et transculturelles. Si, par exemple, Anthony Mangeon a défini les contours d’une histoire intégrative des littératures françaises, francophones et féminines (« Pour une histoire littéraire intégrée », 2014), Maxime Del Fiol a élaboré une histoire francophone, transnationale et transséculaire qui englobe les écrivains diatopiques, translingues ou post-coloniaux contemporains au sein d’une tradition plurilingue attestée dès le XIVe siècle (Francophonie, plurilinguisme et production littéraire transnationale en français depuis le Moyen Âge, 2023). Quant à Laurent Dubreuil, insistant sur la nécessité de se dégager de la prégnance des usages coloniaux du français au-delà même de la critique postcoloniale, il a défendu un « élargissement » des corpus par le « devenir francophone » où les textes de langue française s’éclairent via une lecture mutuellement transformatrice (L’Élargissement francophone, 2024).

La journée d’étude souhaite justement prolonger et enrichir cette réflexion sur les effets heuristiques d’un changement de perspective en privilégiant l’interdépendance que sous-tendent les rapports de force. On pourra dès lors prendre en tous sens l’invitation d’Alberta à Carlos-Rosa dans La Fête des masques de Sami Tchak : « “Je lis, je lis beaucoup […]. Je ne suis pas une idiote, sinon je n’aurais pas dans ma bibliothèque Notre-Dame des Fleurs de Jean Genet. Regardez ! Fouillez dans ma bibliothèque […].” Elle lui tendit un livre, souriante. “Tenez ! Peut-être que vous voulez y jeter un coup d’œil ! ». Trois relectures de Genet seraient envisageables : 1) une lecture croisée Genet <=> Tchak, soit une mise en relation pour, par exemple, faire dialoguer les textes autour du travestissement et des identités instables ; 2) une réversibilité interprétative Genet <= Tchak, soit un renversement du sens du trajet herméneutique habituel pour, par exemple, relire la marge genetienne depuis une poétique francophone de la théâtralité du sujet comme réponse à la domination ; 3) une lecture en réseau Genet <=> Tchak <=> Nina Bouraoui (Garçon manqué) <=> Tahar Ben Jelloun (L’Enfant de sable), soit une constellation textuelle autour des sexualités minorées pour, par exemple, étudier comment ces écritures en français redéfinissent les modalités de représentation des subjectivités marginalisées. Telles sont, à titre de repères, les pistes de relectures du canon français que la journée d’étude souhaite explorer.

Sans exclusive d’aire, de période ou de méthodologie, les propositions pourront notamment s’inscrire dans les trois axes suivants :

Relire et relier : relecture des circulations ; dialogues explicites, implicites ou occultés entre écrivains français et écrivains francophones diatopiques, translingues ou post-coloniaux (par exemple, Jean-Marie Gustave Le Clézio et Édouard Glissant, Jean Rousselot et Emmanuel Roblès) ; lectures croisées et réciprocité herméneutique ; intertextualité comme « critique spatiale libérée de la linéarité » (Sophie Rabau) et comme lecture réticulaire « élargissant » (Laurent Dubreuil) la francophonie ;

Reconfigurer et décentrer : réévaluation axiologique des périphéries par rapport au canon ; effets de réversibilité herméneutique via des lectures actualisantes d’écrivains français à l’aune d’écrivains francophones diatopiques, translingues ou post-coloniaux (par exemple, Poil de carotte de Jules Renard relu à partir de Marâtre de Salim Hatubou, Les Mandarins de Simone de Beauvoir relus à partir des Samouraïs de Julia Kristeva ou L’Acacia de Claude Simon relu à partir de Cantique de l’acacia de Kossi Efoui) ; décloisonnement de l’histoire littéraire par une meilleure « intégration » (Anthony Mangeon) et par une meilleure prise en compte du plurilinguisme et des dynamiques intra-, inter- et extra-francophones au sein de la « francophonie globale » (Maxime Del Fiol) ;

Faire lire et transmettre : pédagogies de la lecture intertextuelle ; constitution de corpus de textes et dispositifs de « lectures en réseau » (Catherine Tauveron) susceptibles de renouveler l’étude et la légitimation des littératures francophones au sein des pratiques d’enseignement et de formation.

En faisant de la pluralité francophone un opérateur herméneutique de relecture plutôt qu’un objet périphérique de lecture, cette journée d’étude entend élargir la discussion sur les manières de penser, d’interpréter et d’enseigner autrement l’histoire des littératures de langue française. 

Bibliographie indicative

– Authier François-Jean, « L’Hexagone et l’Archipel, ou les métamorphoses de l’universel : la place des littératures francophones dans l’enseignement (du) français », Administration et Éducation, vol.1, n°181, 2024, p.51-58.
– Boudhau Marlène, « Pour une transculturalité de la littérature francophone caribéenne », Le Français aujourd’hui, vol.1, n°224, 2024, p.75-84.
– Casanova Pascale, La République mondiale des Lettres [1999], Paris, Le Seuil, coll. « Points Essais », 2008.
– Célérier Patricia-Pia, « Mongo Beti et Voltaire : analyse d’une respectueuse appropriation », Dalhousie French Studies, n°30, printemps 1995, p.31-44.
– Chavoz Ninon, Les Morts-vivants. Comment les auteurs du passé habitent la littérature présente, Paris, Hermann, coll. « Fictions pensantes », 2021.
– Del Fiol Maxime (dir.), Francophonie, plurilinguisme et production littéraire transnationale en français depuis le Moyen Âge, Paris, ADIREL, coll. « Travaux de littérature », 2023.
– Dubreuil Laurent, L’Élargissement francophone. Dix interventions critiques [2011-2021], Paris, Honoré Champion, coll. « Francophonies », 2024.
– Hollier Denis (dir.), De la littérature française [A New History of French Literature, 1989], Paris, Bordas, 1993.
– Lafont Suzanne, « Droit de poursuite. Imaginaire patrimonial et présence de Céline dans Verre cassé », 28 août 2015, en ligne. URL : https://suzanne-lafont-droit-de-poursuite.jimdosite.com
– Le Bris Michel et Rouaud Jean (dir.), Pour une littérature-monde, Paris, Gallimard, 2007.
– Le Clézio Jean-Marie Gustave, « Dans la forêt des paradoxes », 7 décembre 2008, conférence Nobel, en ligne. URL : https://www.nobelprize.org/prizes/literature/2008/clezio/25795-jean-marie-gustave-le-clezio-conference-nobel/
– Lionnet Françoise, « Littérature-monde, francophonie et ironie : modèles de violence et violence des modèles », dans Lise Gauvin et al. (dir.), Littératures francophones : parodies, pastiches, réécritures, Lyon, ENS Éditions, coll. « Signes », 2013, p.119-138.
– Mangeon Anthony, « Pour une histoire littéraire intégrée (des centres aux marges, du national au transnational : littératures françaises, littératures francophones, littératures féminines) », dans Abdoulaye Imorou (dir.), La Littérature africaine francophone. Mesures d’une présence au monde, Dijon, Éditions Universitaires de Dijon, coll. « Écritures », 2014, p.87-104.
– Mathieu-Job Martine (dir.), L’Intertexte à l’œuvre dans les littératures francophones, Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, coll. « Études africaines et créoles », 2003.
– Mazauric Catherine et al. (dir.), Le Texte du lecteur, Bruxelles, Peter Lang, coll. « ThéoCrit’ », 2011.
– Mazauric Catherine et al. (dir.), Textes de lecteurs en formation, Bruxelles, Peter Lang, coll. « ThéoCrit’ », 2011.
– Mcdonald Christie et Suleiman Susan Rubin (dir.), French Global. A New Approach to Literary History, New York-Londres, Presses de l’Université de Columbia, 2010.
– Rabau Sophie, L’Intertextualité [2002], Paris, Garnier-Flammarion, coll. « Corpus », 2020.
– Sarr Mohamed Mbougar, « La guerre des canons doit avoir lieu : pour une vraie Bibliothèque de Babel » (leçon inaugurale de la chaire d’écrivain en résidence de Sciences Po), 16 février 2023, Sciences Po, en ligne. URL : https://www.youtube.com/ watch?v=41xHqQvQyvM
– Simedoh Vincent, « Sami Tchak, Hermina : l’intertextualité ou une réflexion sur l’art romanesque », Éthiopiques, n°75, juillet-décembre 2005, p.55-74.
– Tauveron Catherine, « Fonctions et natures des lectures en réseau », dans Catherine Tauveron et al. (dir.), La Lecture et la culture littéraire au cycle des approfondissements, Versailles, Scéren-CRDP, coll. « Les actes de la DESSCO », 2004, p.72-74.
– Vaudin Vanessa, « L’enseignement des littératures francophones dans le secondaire », dans Musanji Ngalasso-Mwatha (dir.), Littératures, savoirs et enseignement, Pessac, Presses Universitaires de Bordeaux, coll. « Études africaines et créoles », 2008, p.265-277.

Organisation

Linda Rasoamanana (Université de Mayotte et RIRRA 21)

avec le soutien du laboratoire RIRRA 21 (UR 4209), Universités de Montpellier Paul-Valéry et de Nîmes

Comité scientifique

  • Florian Alix (Université de Paris-8)
  • Ridha Boulaâbi (Université de Paris Nanterre)
  • Mounira Chatti (Université de Paris-8)
  • Maxime Del Fiol (Université de Montpellier Paul-Valéry)
  • Cheikh M. S. Diop (Université Assane Seck de Ziguinchor)
  • Cynthia V. Parfait (Université d’Antsiranana)
  • Linda Rasoamanana (Université de Mayotte)

AAC/CfP: Postures décoloniales africaines : politiques, discours et représentations

Appel à contributions/Call for Papers

Postures décoloniales africaines : politiques, discours et représentations / African Decolonial Perspectives: Politics, Discourse and Representations

Colloque en ligne/Virtual Conference – 13–14–15 Mai 2027

  • Laude Ngadi Maïssa (Institut de Recherche en Sciences humaines, Gabon)
  • Ibrahima Sene (Université de Bayreuth, Allemagne)

 [English version below ; complete text in French & English attached]

Cet atelier veut analyser les pensées décoloniales du point de vue africain. Nous souhaitons mettre l’accent sur les prises de positions politiques, les productions intellectuelles, artistiques et culturelles, ainsi que sur leurs représentations. L’histoire des résistances sur l’ensemble du continent s’est en effet accompagnée des discours et des œuvres dont le but est de déconstruire et de démanteler les structures socio-politiques et mentales hérités du colonialisme. L’objectif de ce colloque est de retracer les trajectoires des pensées décoloniales en Afrique à partir des prises de position des acteurs culturels, politiques, intellectuels et artistiques. Il s’agira d’interroger les principaux enjeux et impacts des idées et des actions avancées. Une attention particulière sera portée aux débats, aux tensions et aux contradictions qui traversent celles-ci.
Nous invitons les artistes, écrivains, chercheurs, universitaires et journalistes à proposer des contributions, des témoignages, des performances ou des créations littéraires et artistiques relatifs à tous les aspects susceptibles d’enrichir les discussions.

Les propositions de communication (300 mots maximum), accompagnées d’une courte notice biographique (100 mots), sont à envoyer avant le 15 novembre 2026 à laudengadi@gmail.com  , ibrahima.sene@uni-bayreuth.de     

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This workshop seeks to analyze decolonial thought from an African perspective. We wish to focus on political positions and interventions, as well as intellectual, artistic, and cultural productions, and the way in which they are represented. Indeed, the history of resistance across the continent has been accompanied by discourses and creative works aimed at deconstructing and dismantling the socio-political and mental structures inherited from colonialism. This Conference therefore aims to trace the development of decolonial thought in Africa, through positions and interventions of cultural, political, intellectual and artistic figures. It will examine the key issues and impacts of the ideas and actions advanced in the name of decolonization, while paying particular attention to the debates, tensions and contradictions that run through them.
We invite artists, writers, researchers and academics to submit papers, personal accounts, performances or literary and artistic works relating to any aspect that may contribute to and enrich the discussions.

Proposals for papers (maximum 300 words), with a short biographical note (100 words), should be sent before 15 November 2026 to laudengadi@gmail.com and ibrahima.sene@uni-bayreuth.de

ACC-Les postures decoloniales en Afrique

CFP-African Decolonial Perspectives 

AAC/CfP: Relire les anthologies de la poésie africaine

Relire les anthologies de la poésie africaine à l’aune du concept d’Orphée Noir, Schwarzer Orpheus, Black Orpheus

Colloque international – Université Bordeaux Montaigne, France, 18-19 mars 2027

Le colloque de Bordeaux s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche international financé par la Fondation Alexander von Humboldt, qui rassemble l’Université Bordeaux Montaigne (France),
l’Université Humboldt de Berlin (Allemagne) et l’Université d’Ibadan (Nigéria). Intitulé «Liens croisés entre le Nigéria et la Négritude au cours des décennies de la décolonisation : exploration et traduction des archives d’Orphée noir — Schwarzer Orpheus — Black Orpheus», ce projet de recherche s’appuie sur une investigation méthodique des archives Janheinz Jahn de Berlin.
L’objectif principal est de cartographier et de restituer les échanges
intellectuels et affectifs ayant lié l’africaniste allemand Janheinz Jahn aux théoriciens du mouvement de la Négritude (Césaire, Senghor, Damas, Rabemananjara) ainsi qu’aux écrivains et contributeurs de la revue littéraire Black Orpheus, publiée à Ibadan.
Lire et télécharger la suite de l’appel à communications, English version, Plus d’infos : https://dianat.hypotheses.org/4062

Disséquer et guérir. Violences dans les littératures congolaises

Le colloque (DFG) Disséquer & guérir. Violences dans les littératures congolaises se tiendra à la Humboldt-Universität zu Berlin du 1er au 4 septembre, accompagné des journées littéraires congolaises.

Programme

Mardi 1er septembre, Ouverture du colloque
Unter den Linden 6, salle 2049A, 10117 Berlin

  • 16:00 – 16:30    Mots de bienvenue
    Son excellence l’ambassadrice de la RDC en Allemagne
    Les doyennes des facultés de la HU-Berlin
    La représentante de l’office international de la HU-Berlin
  • 16:30 – 17:00  Introduction au colloque: Susanne Gehrmann & Marie Guthmüller
  • 17:00 – 17:45    Kasongo Kapanga (Univ. Richmond)
    Trois niveaux récurrents de violence dans quelques textes littéraires congolais
  • 18:15 – 19:15  Lecture-rencontre avec Charles Djungu-Simba

    Mercredi 2 septembre Unter den Linden 6, salle 2049A, 10117 Berlin
  • 9:00 – 9:45
    Albert Kasanda (Czech Academy of Sciences) & Alena Rettovà (Univ. Bayreuth)
    Théorisation de la violence dans la littérature, les discours politiques et la philosophie africaine
  • 9:45 – 10:30 Silvia Riva (Univ. Milano Statale)
    Forger la libération d‘une Nation cannibale : Mémoire, art et solidarité panafricaine dans les textes autour du Congo
  • 11:00 – 11:45 Ramcy Kabuya (HU-Berlin) & Carl Kalire (Univ. Lubumbashi)
    Du texte à la scène : penser la violence dans les dramaturgies récentes de la RDC
  • 11:45 – 12:30    Xavier Garnier (Sorbonne Nouvelle)
    Où guérir dans le Congo colonial ? Lecture de Faire médicament de Paul Lomami-Tchibamba
  • 12:30 – 13:15    Isabelle Myriam Nsenga Diatwa (Univ. Bayreuth)
    L‘écriture comme thérapie sociale dans l‘œuvre romanesque d‘Augustin Lemba
  • 14:30 – 15:15    Maëline Le Lay (CNRS/THALIM)
    La romantisation de la violence sexuelle dans la littérature à l‘Est du Congo
  • 15:15 – 16:00     Susanne Gehrmann (HU-Berlin)
    Les chroniques congolaises – un genre pour dire et défier la violence ?
  • 16:30 – 18:00    Table ronde sur l’édition en RDC avec Charles Djungu-Simba (Pangolin), Claire Riffard (Nzoi), Carl Kalire (Calures), Sim Kilosho (Librairies des Grands Lacs), modération : Richard Ali A Mutu K.
    Senatssaal de la HU-Berlin, Unter den Linden 6
  • 19:00 – 21:00 Lecture-rencontre bilingue avec Nadège Kusanika & Fiston Mwanza Mujila
    soutenue par le KHK CURE & Österreichisches Kulturforum Berlin

    Jeudi 3 septembre Unter den Linden 6, salle 2049A, 10117 Berlin
  • 9:00 – 9:45    Maurice Amuri Mpala-Mutebele (Univ. Lubumbashi)
    De la violence à une potentialité lumineuse : un itinéraire de la dénonciation au schéma de guérison de la violence dans Les Étoiles écrasées de Pius Ngandu Nkashama
  • 9:45 – 10:30    Marie Guthmüller (HU Berlin)
    Rumble in the Jungle? Mise en scène et anatomie de la violence sous Mobutu Sese Seko
  • 11:00 – 11:45    Antonia Fendt (Univ. Mayence)
    Sillonner le pouvoir politique dans le Zaïre de Mobutu : perspectives à partir de chansons en lingala en tant que moyen de résilience
  • 11:45 – 12:30   Kasereka Kavwahirehi (Univ. Ottawa)
    De l‘expérience de la déshumanisation à la chanson d‘espoir.
    Analyse des textes des reggaemen de Beni et de Butembo
  • 14:00 – 14:45    Olga Hél-Bongo (Univ. Laval)
    Scénographies de la violence chez Jean Bofane
  • 14:45 – 15:30    Christiane Solte-Gresser (Univ. de la Sarre)
    Les racines du mal ou l’histoire de la violence au Congo du point de  vue du fou chez Pie Tshibanda, Ahmadou Kourouma et In Koli Jean Bofane
  • 16:00 – 16:45    Katherine Arthur Tidmarsh (Univ. Paris-Cité)
    Dilemmes de la violence et casse-têtes esthétiques dans la littérature de la « nouvelle génération » d‘écrivain·e·s congolais·es publiant en diaspora
  • 16:45 – 17:30    Maria Laura Cucciniello (HU Berlin)
    Creuser: analyse d‘une pratique de la violence envers le vivant

    Soirée du jeudi 3 septembre
    Ambassade de Belgique en Allemagne, Jägerstraße 52-53, 10117 Berlin

    18:30    Lecture-rencontre de la diaspora congolaise en Belgique
    soutenue par la délégation Wallonie-Bruxelles-Ostbelgien
    avec In Koli Jean Bofane & Joëlle Sambi

    Accès uniquement sur inscription préalable et avec pièce d’identité ! veranstaltung@dgcfrw.de

    Vendredi 4 septembre
    Unter den Linden 6, salle 2049A, 10117 Berlin
  • 9:15 – 10:00 Sim Kilosho Kabale (ISP de la Gombe)
    Autopsie des guerres en République démocratique du Congo, enjeux et remèdes à travers la pièce théâtrale Résolvons nos conflits à la manière des amoureux en crise (2014) de Jérémie Kisembo
  • 10:00 – 10:45 Philippe Fraiture (Univ. Warwick)
    Scandale géologique et paradoxe de l‘abondance: penser le pharmakon congolais en littérature
  • 10:45 – 11:30 Pierre Halen (Univ. de Lorraine)
    Bande dessinée et narratif mémoriel : de l’oubli, de l’accommodement et de l’épification du passé pour tenter une résilience
  • 12 :00 – 13:00    Lecture-rencontre avec Richard Ali A Mutu K.
  • 13:00 Fin du colloque

La question métisse et ses avatars contemporains

Auteur(s) : Maria-Benedita BASTO, Françoise BLUM, Dorothée BOULANGER, Martin MOURRE (dir.)

éd. Karthala, 340 p., 25/06/2026
ISBN 9782384094554

Cet ouvrage s’intéresse au métissage dans les empires coloniaux modernes (XIXe-XXe siècles) – portugais, allemand, français, britannique, belge, italien, et de façon plus marginale espagnol – et à la manière dont ces empires ont inventé le concept de « métissage », l’ont défini et l’ont construit – ou non – en « question », « problème » ou « outil ». 
L’historiographie sur le sujet s’est développée depuis une vingtaine d’années, mais elle reste cloisonnée, chaque empire ayant ses spécialistes, qui ne dialoguent pas nécessairement entre eux. Ce volume contribue à combler cette lacune, en produisant donc l’analyse comparée des discours et pratiques à propos du « métissage » dans les divers espaces et à différents moments de l’impérialisme européen, y compris dans les représentations culturelles et littéraires.
Les auteurs s’intéressent aussi aux impacts contemporains des définitions et politiques impériales, à la perception du métissage dans les sociétés contemporaines et au rôle des métis dans le réexamen du passé colonial européen. La « question métisse » est en effet très présente dans les débats mémoriels sur les héritages coloniaux, y compris au plus haut niveau institutionnel, comme en atteste la plainte déposée en 2020 par cinq femmes métisses contre l’État belge pour « crime contre l’humanité » perpétré au Congo.

Maria-Benedita Basto est maîtresse de conférences au département d’études ibériques et latino-américaines de l’université de la Sorbonne, chercheuse au CRIMIC et chercheuse associée à l’IMAF/EHESS et à l’IHC/Nova (Lisbonne). Françoise Blum est ingénieure de recherche émérite au Centre d’histoire sociale des  mondes contemporains (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne/CNRS). Dorothée Boulanger est chercheuse à l’Université d’Oxford, où elle est rattachée au master interdisciplinaire en études de genre et de sexualité, et chercheuse associée  au LAM. Martin Mourre est membre affilié de l’Institut des mondes africains  (IMAF, CNRS-UMR 8171). 

Ont contribué à cet ouvrage : Assembe Alvine, Barros Crisanto, Bashkirov  Mikhail, Basto Maria-Benedita, Blum Françoise, Bobineau Julien, Boidin  Capucine, Boulanger Dorothée, Brun Solène, Cahen Michel, Denéchère Yves, Dewulf Valentine, Goerg Odile, Labanca Nicola, Labrune-Badiane Céline,  Lazagna Angela, Lee Christopher, Monaville Pedro, Mourre Martin, Rillon Ophélie, Saada Emmanuelle, Smith Étienne, Stoler Ann Laura, Tisseau Violaine.

Page sur le site de l’éditeur : https://www.karthala.com/accueil/3681-10284-la-question-metisse-et-ses-avatars-contemporains.html#/22-ebook-papier

AAC: Ken Bugul : une trajectoire dans les marges

Colloque international & interdisciplinaire

Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 8 – 11 juin 2027

  • Envoyez vos propositions de contribution au plus tard le 1er octobre 2026 à : kenbugul@ucad.edu.sn
  • Réponse du comité scientifique : 15 novembre 2026

Ken Bugul, Mariétou Mbaye Biléoma à l’État civil, est une figure majeure de la littérature africaine francophone et mondiale. Née en 1947 au Sénégal, elle est particulièrement connue pour sa trilogie autobiographique : Le Baobab fou (1982), Cendres et Braises (1994) et Riwan ou le chemin de sable (1999) récompensé par le Grand Prix littéraire d’Afrique noire. Son œuvre est riche de huit autres fictions romanesques, publiées entre 2000 et 2022, qui ont retenu l’attention de la critique.

Le dépôt et la numérisation des archives personnelles de l’écrivaine

À ce corpus édité s’ajoute un nombre considérable d’archives personnelles, qui viennent d’être déposées à la Bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. En effet, en 2025, agissant pour le compte de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) et de l’équipe « Manuscrits francophones » de l’Institut des Textes et Manuscrits modernes (ITEM) − UMR 8132 (ENS/CNRS), les chercheur·ses Florian Bobin, Serigne Seye et Céline Labrune Badiane ont rassemblé et inventorié les archives papier et numériques de l’écrivaine, avec son soutien. Ces documents numérisés seront bientôt mis en ligne par la Bibliothèque Universitaire de l’UCAD, en partenariat avec le programme ARCHIFEM (Archives des Femmes Écrivaines) et l’ITEM, tous partenaires avec l’Université California‑Davis et l’Université de Guyane, dans un grand projet de collecte et d’étude d’archives des écrivaines africaines.

La structuration du colloque

C’est pour marquer le geste généreux de Ken Bugul que l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, à travers la Bibliothèque Universitaire et la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, organise un colloque qui revisite toute son œuvre. Les participant·e·s pourront proposer des communications sur l’ensemble de la création littéraire de l’autrice.
Pour mettre en avant ce fonds, la première journée du colloque sera consacrée à l’étude de ces archives afin de reconsidérer l’ensemble de l’œuvre de l’écrivaine, emblématique du matrimoine littéraire sénégalais, à l’aune de la génétique textuelle et/ou de l’approche
historique.
Cette première journée permettra de répondre aux questions suivantes : comment l’interprétation de l’œuvre de Ken Bugul s’enrichit‑elle de l’étude de ce fonds d’archives ? Quel réseau tisse‑t‑elle avec les cercles littéraires sénégalais, francophone et international ? Quels liens peuvent être établis entre les textes, qu’ils soient autobiographiques ou résolument fictionnels ? Quel regard l’autrice elle‑même porte sur son œuvre ?
Les journées suivantes du colloque seront consacrées aux autres aspects de l’œuvre de Ken Bugul qui, dans sa globalité, témoigne de la traversée de la fin du xxe siècle et du début du xxie par une femme sénégalaise en proie aux contradictions d’une époque mouvementée. Inscrivant sa trajectoire dans les marges de la société, de la morale et de l’esthétique littéraire, Ken Bugul a construit l’image d’une anticonformiste errant entre les espaces, soulevant des questions taboues qui secouent les certitudes de ses contemporains. Tout en refusant le politiquement correct, elle n’hésite pas à complexifier certains jugements sur des institutions traditionnelles telles que le mariage polygamique. Ses différentes publications portent les marques de ses démons et de ses rêves tant par les univers dans lesquels évoluent ses personnages que par ses choix esthétiques.

Une rencontre interdisciplinaire

Les communications attendues porteront sur les axes suivants, sans être exhaustifs :
• l’analyse génétique des archives de Ken Bugul ;
• l’écriture de soi et l’autofiction chez Ken Bugul ;
• les structures sociales africaines dans l’œuvre de Ken Bugul ;
• Ken Bugul et la société sénégalaise ;
• Ken Bugul et la condition féminine ;
• le dialogue avec les arts ;
• le rapport à l’Europe ;
• le statut de Ken Bugul dans la littérature sénégalaise ;
• esthétique et écriture chez Ken Bugul ;
• …

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