Archives de catégorie : Théâtre, Performance, Cinéma

Regards sur la République démocratique du Congo

Colonisation, histoire et luttes

Toulouse, Cinéma Le Cratère, 21 mai 2026, 17h et 20h

Venez partager une soirée autour de deux films qui mettent en perspective des aspects de la RDC – République démocratique du Congo en partenariat avec le GIS Etudes africaines en France, l’Université de Toulouse – Jean-Jaurès et Art Weapon (L’art au service du changement social et politique).

Les séances seront accompagnées de Rencontres :

– 17h Muganga
Rencontre avec l’actrice Déborah Lukumuena

Pot entre les deux films (vers 19h30)

– 20h Soundtrack to a coup d’état
Rencontre avec l’historien Luc Forest

URL de référence : https://screaf.univ-tlse2.fr/accueil/seminaire/seminaire-2025-2026/regards-sur-la-republique-democratique-du-congo

Une si longue lettre, le film

Diffusion en France du film Une si longue lettre

À ne pas manquer

Une si longue lettre, adaptation au cinéma, par Angèle Diabang, du roman Une si longue lettre, 1979, de Mariama Bâ, est diffusé en France depuis le mercredi 29 avril. Le film d’Angèle Diabang (maison de production Karoninka) a eu un tel succès au Sénégal que Pathé a décidé de le diffuser en France.

[cliquer sur l’image pour voir le détail des salles]

Créolisation des arts

Jaz, texte Koffi Kwahulé, mise en scène Alexandre Zeff, La Camara Oscura, Avignon, 2017. Avec Ludmilla Dabo. © Clara Pauthier

Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution du dossier intitulé Créolisation des arts, coordonné par Sylvie Chalaye et Pénélope Dechaufour, dans le numéro 257 de la revue Théâtre/Public. Ce dossier propose une réflexion collective sur la notion de créolisation dans le champ des arts vivants, en résonance avec les esthétiques du Trans’Art. Les différentes contributions et les nombreux entretiens explorent comment les pratiques artistiques contemporaines participent d’un dialogue entre cultures, héritages et imaginaires partagés.

120 pages – ISBN  978-2-84260-978-8 – EAN  9782842609788

Pour consulter le dossier en ligne :
https://theatrepublic.fr/numero/creolisation-des-arts/ 

AAC: Le théâtre de Gilbert Doho

Le théâtre des masses pour le développement et les pièces de Gilbert Doho

N° spécial de la Revue Internationale des Inventions Théâtrales Africaines (RITA), sous la direction de Cheryl Toman (U. d’Alabama)

Les auteurs intéressés peuvent soumettre des manuscrits complets (6000 mots en français ou en anglais) et une courte biographie avant le premier février 2026 à la directrice du numéro, Cheryl Toman, catoman@ua.edu. Sinon, ils peuvent soumettre des essais directement sur le site de la revue : https://journals.colorado.edu/index.php/rita/index. Après un processus d’évaluation en double aveugle et de corrections, le numéro complet sera mis en ligne en novembre 2026.
 
Dramaturge et chercheur bien connu, Gilbert Doho est né à Yabassi, en pays bamiléké, à l’ouest du Cameroun, en 1954, juste avant l’indépendance de son pays. En 1960, Doho a souffert d’un traumatisme à la suite du massacre des Bamiléké par des soldats français ; son père en est mort sous ses yeux. Cet événement devait marquer sa vie et sa carrière. Devenu adulte, Doho a su canaliser sa colère dans des projets de théâtre tout à fait positifs. Il a écrit plusieurs pièces, dont Zintgraff and the Battle of Mankon (en collaboration avec Bole Butake, 1998, réédition en 2022), Noces de Cendres(Wedlock of Ashes, 1996), et Le Crâne (The Skull, 1995). Gilbert Doho était aussi chercheur et professeur, et il a fondé le département de théâtre à l’Université de Yaoundé I dans les années 1990. Ayant mis en scène des pièces critiques à l’égard du gouvernement et du président camerounais, il s’est exilé aux Etats-Unis grâce à une bourse Fulbright. Il a enseigné d’abord à l’Université de l’État de New York à Albany puis il est devenu professeur titulaire à Cleveland. Il est souvent rentré au Cameroun pour faire des recherches et pour organiser des ateliers de théâtre sur place. Ses livres sur le théâtre des masses et ses ateliers lui avaient valu d’être connu et respecté dans le monde entier. Parmi ses ouvrages et écrits critiques figurent : Théâtre populaire et réappropriation du pouvoir au Cameroun (2002), une version actualisée en anglais qui s’intitule People Theater and Grassroots Empowerment in Cameroon (2007), de nombreux essais et une contribution importante à l’ouvrage The World Encyclopedia of Contemporary Theatre Volume 3: Africa (Routledge, 1997). 
Dans son livre, People Theater and Grassroots Empowerment in Cameroon, Doho a remis en cause la notion de théâtre camerounais trop élitiste parce que trop peu de personnes étaient engagés, un théâtre « loin des espaces populaires dans des espaces hérités de la colonisation » – dans les amphithéâtres des universités par exemple. Pour Gilbert Doho, le dramaturge du théâtre élitiste jouit des gains au détriment direct des masses qu’il prétend représenter (Doho 21). Gilbert Doho faisait souvent des études comparées entre le théâtre élitiste et le théâtre des masses ; ce dernier est joué dans les lieux publics et dans les langues locales. Doho a bien défini le théâtre des masses : « Un théâtre du peuple , par le peuple et pour le peuple » (27). Si ce type de théâtre est sans doute le plus populaire et le plus authentique au Cameroun, il ne bénéficie manifestement pas de l’attention qu’il mérite, ni au niveau national ni au niveau international. Néanmoins, le théâtre des masses a commencé à gagner en popularité au milieu des années 1980 et, selon Doho, ses racines se trouvent dans le « Kumba Workshop Project » qui a été créé à la suite du colloque international Murewa en 1983 au Zimbabwe. Dans son livre, Doho fait la distinction entre « le théâtre des masses » et « le théâtre populaire », ce dernier étant « confisqué par les intellectuels alors que le pouvoir central était détenu par une poignée d’individus travaillant pour le monde extérieur » (30). Pour Doho, le théâtre des masses est caractérisé par certaines conditions : la « communication pour le développement » (Doho 2) et « l’éducation et l’autonomisation » (38). Doho a constaté que « Les objectifs [du Théâtre des Masses] peuvent varier quelque peu, mais ses intentions sont toujours les mêmes : sortir les personnes défavorisées des zones rurales et des bidonvilles de la misère intellectuelle, morale et physique ; les aider à prendre leur destin en main et à participer à l’élection de leurs représentants et à la gestion de leur pays » (27).
Au total, ce numéro spécial invite des spécialistes ainsi que des artistes et des acteurs à proposer des essais et des perspectives qui explorent les différents aspects de la carrière de Gilbert Doho, depuis la notion de théâtre des masses et ses implications pour la société jusqu’à l’analyse de ses pièces. Nous acceptons également des analyses comparatives des pièces de Doho et celles écrites par d’autres dramaturges d’Afrique centrale ainsi que des essais sur le théâtre africain qui emploient les approches théoriques développées par Doho. Nous incluons également les perspectives des artistes et des acteurs qui abordent le thème de ce numéro dans leur propre création ou au sein des dernières tendances théâtrales pratiquées aujourd’hui. 

AAC: « L’Atlantique noir » du texte à la scène

Modalités de représentation et mises en récit de l’histoire afro-caribéenne dans les arts du spectacle vivant contemporains d’expression française

Axel Arthéron (Université des Antilles) et Pénélope Dechaufour (Université de Montpellier Paul Valéry)

Modalités de participation au numéro

Les propositions de contributions (500 mots) accompagnées d’une notice bio-bibliographique sont à envoyer à Pénélope Dechaufour (penelope.dechaufour@univ-montp3.fr) et Axel Arthéron (axel.artheron@univ-antilles.fr) avant le 10 septembre 2025. Les auteurs et autrices dont la proposition aura été sélectionnée auront jusqu’au 10 janvier 2026 pour envoyer une première version complète de leur article. 

Ce numéro de la revue Études théâtrales vise à questionner les modalités de représentation et de mise en récit de l’histoire du continent africain et des Amériques noires[2] à travers les arts de la scène, qu’ils soient textuels ou scéniques (danse, théâtre, cirque, marionnette, performance). Nous nous intéresserons à la relation entre arts vivants et histoire dans les dramaturgies d’expression française notamment d’Afrique et des Caraïbes, qui se noua à partir des années 1960 autour de l’enjeu de l’émancipation. Un corpus théâtral historique, revêtant la forme d’une Déclaration d’identité[3] (pour reprendre le concept d’Achille Mbembe), consacra la scène comme lieu de mémoire dont la finalité consistait à réévaluer une histoire alors tronquée et largement occultée et à élaborer une contre-mythologie « nécessaire à la reconstruction d’une histoire perdue et d’une dignité à reconquérir »[4]  ainsi qu’a pu, par exemple, le démontrer Sylvie Chalaye.

En Afrique, les œuvres du Malien Seydou Badian s’intéressant au chef Zoulou dans La Mort de Chaka, de Jean Pliya se penchant sur l’histoire de la résistance de Béhanzin dans Kondo le requin, du Sénégalais, Cheikh N’Dao interrogeant la figure du dernier souverain du Djolof avec L’Exil d’Albouri, ou encore de l’Ivoirien Bernard Dadié mettant en scène les grands personnages de la révolution haitienne dans Iles de Tempête, furent exemplaires d’un éthos littéraire et dramatique anticolonial et déjà décolonial. Dans la Caraïbe, un rapide coup d’œil diachronique sur l’évolution de ce champ artistique depuis le XIXe suffit à confirmer les affinités électives entre le genre dramatique et l’histoire. Les premières pièces révolutionnaires de la jeune nation haïtienne au début du XIXème siècle[5], la constitution d’un corpus théâtral révolutionnaire caribéen francophone centré autour de la Révolution de Saint-Domingue au XXe siècle[6], les pièces s’inspirant de la résistance à l’invasion espagnole et à la figure de la Reine Anacaona[7] – dont celle du dramaturge haïtien Jean Métellus qui fut représentée en 1988 à Chaillot dans une mise en scène d’Antoine Vitez – , celles s’inspirant de faits divers tragiques tels que les évènements de Décembre 1959 à la Martinique, la guerre d’Algérie chez Daniel Boukman ou l’assassinat de Lumumba dans Une saison au Congo (1966) d’Aimé Césaire, prouvent à quel point l’histoire a constitué un réservoir de fables dramatiques, de sujets et de personnages pour le théâtre[8].

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Une histoire panafricaine

par Armand Gauz et Elara Bertho

Théâtre de la Concorde (Studio Pierre Cardin), Paris, 11 juin 2025 à 19h

En 1968, la chanteuse africaine la plus célèbre du monde et le leader du mouvement Black Power décident de s’installer en Guinée. À partir de leur installation à Conakry commence une toute nouvelle histoire – bien moins connue et bien moins racontée que leurs trajectoires américaines. Dès qu’ils sortent des radars impériaux new-yorkais, c’est comme s’ils disparaissaient des histoires officielles. Pourtant, Miriam Makeba et Stokely Carmichael passent plusieurs décennies en Guinée et redoublent d’activité. Tous deux, l’une par la chanson, l’autre par l’action politique, se mettent au service de Sékou Touré, de Kwame Nkrumah et de la construction d’un panafricanisme concret.
Cette conférence performée, à deux voix, vise à faire entendre de nouveau ces deux voix militantes, intensément engagées. De Conakry à Alger, Lagos, Tripoli, mais aussi New York : c’est tout un réseau de connexions intellectuelles et artistiques, dans et depuis l’Afrique, que nous entendons faire revivre.

Invités
  • Elara Bertho est chargée de recherches au CNRS au laboratoire Les Afriques dans le Monde. Elle a publié Un couple panafricain. Miriam Makeba et Stokely Carmichael en Guinée (Rot Bo Krik, 2025).
  • Armand Gauz est romancier et photographe. Il a publié plusieurs romans aux éditions Le Nouvel Attila, Debout-payé (2014), Camarade Papa (2018), Black Manoo (2020), Les portes (2024).