Archives par mot-clé : Ecocritique

AAC: Sony Labou Tansi – Écologie du sensible et politiques de l’espace

Colloque international en hommage à Sony Labou Tansi

19-20 novembre 2026, Limoges (BFM Université de Limoges et Rectorat de Limoges) – EHIC /CERES

Les propositions de communication, d’environ 500 mots, assorties d’un titre et de quelques lignes de présentation bio-bibliographique, seront à envoyer par courriel au plus tard le 15 juin 2026 aux adresses suivantes : buata.malela@unilim.fr  et cecile.bertin@unilim.fr 

Le colloque se tiendra les 19-20 novembre 2026 à l’Université de Limoges, site Vanteaux.

Après évaluation des propositions par le comité scientifique, les notifications d’acceptation seront communiquées avant le 30 juillet 2026.

Argumentaire

Depuis 1995, les lectures de Sony Labou Tansi ont privilégié l’extériorité politique : satire des régimes postcoloniaux, cartographies de la dictature, scènes de pouvoir et contre-pouvoir – de La Vie et demie, souvent décrite comme un « ovni » grinçant qui dit la « mocherie » du monde, aux expériences scéniques portées par la troupe de Brazzaville. Cette focale demeure décisive, mais elle masque souvent la dynamique inverse : une intériorité où s’agrègent mémoire, affects, voix, souffle, et d’où se fabrique le sujet postcolonial. Nous proposons d’articuler ces deux plans : lire la critique des pouvoirs à partir d’une écologie du sensible qui reconfigure les espaces vécus (géographiques, scéniques, textuels), les régimes de normativité (institutionnels, sociaux, moraux) et leurs transgressions, ainsi que les médiations (édition, scène, école, médias) qui cadrent la circulation des œuvres et des imaginaires. Cette articulation prend appui sur des repères établis – la réception dans la presse francophone, les jalons biographiques et la trajectoire collective du Rocado Zulu Théâtre, les distinctions littéraires qui ont balisé le parcours – mais aussi sur un chantier d’archives et d’éditions critiques qui rendent aujourd’hui visible la fabrique matérielle et poétique des textes.
Concrètement, il s’agit de déplacer le regard : ne plus seulement inventorier les topologies de la domination (pays imaginaires, villes fracturées, scènes d’anomie), mais décrire les milieux d’expérience où se composent des sujets – par la voix (poésie et théâtre), par les gestes (mise en scène, pratique de troupe), par la mémoire (archives, correspondances, variantes), par des régimes d’affect (mélancolie, colère, espérance) qui reconfigurent les normes et l’espace commun. L’« écologie du sensible » permet de tenir ensemble : 1) la lecture géopolitique (pouvoir/contre-pouvoir) ; 2) l’analyse des spatialités vécues et des transgressions (comment les corps, certes, mais aussi les voix, les collectifs et les dispositifs déplacent les frontières du « permis ») ; 3) l’attention aux médiations et aux genres (roman, théâtre, poésie) par lesquelles ce discours se performe et circule. Cette approche offre un cadre comparatif pour croiser les écritures de soi, les récits de filiation et les imaginaires politiques dans les littératures francophones contemporaines.
Ce repositionnement s’appuie sur un socle factuel connu : la trajectoire de Marcel Ntsoni / Sony Labou Tansi (1947-1995), ses rôles croisés d’écrivain, metteur en scène et chef de troupe à Brazzaville, ses prises de position publiques et ses distinctions (notamment le Grand Prix littéraire d’Afrique noire pour L’Anté-peuple), qui ancrent l’œuvre dans un dialogue serré entre création et histoire politique. Mais il bénéficie aussi d’un accès sans précédent aux manuscrits et dossiers (dépôts et expositions à la Bfm de Limoges) et aux éditions critiques – pensons à l’imposant volume Poèmes coordonné par Claire Riffard et Nicolas Martin-Granel – qui donnent à voir le laboratoire d’écriture, la porosité des genres et la matérialité des voix. En ce sens, lire l’ensemble du discours littéraire de Sony, c’est prendre acte d’une pensée qui se déploie en réseau : textes, scènes, archives, dispositifs de publication et de réception. 

Dans cette perspective, ce colloque invite à formuler des propositions qui fassent travailler, sans hiérarchie préalable, le roman, le théâtre, la poésie et les écrits publics, en les abordant comme autant de milieux d’énonciation où se rejouent la norme et son écart, l’espace et sa réinvention, l’imaginaire et ses médiations. L’objectif n’est pas de sacraliser un « cas Sony », mais d’éprouver une méthode : montrer comment une écologie du sensible éclaire la constitution des sujets, la fabrique des lieux, l’économie des affects, et – plus largement – une manière de penser l’Afrique, le rapport à l’Afrique, à soi et au monde depuis l’après-colonie. Les retombées attendues sont doubles : affiner les lectures politiques en les adossant aux régimes d’affect et aux médiations concrètes ; affiner les lectures de l’intime en les orientant vers les spatialités, les normes, les circulations et les archives qui en font des forces publiques. 

Axes scientifiques (indicatifs, non limitatifs)

  • Extériorité : cartographies du pouvoir, géocritique des lieux (pays imaginaires, villes fracturées), dispositifs satiriques, contre-pouvoirs, sosciosémiotique, sémiotique du politique

  • Intériorité : affects (mélancolie, colère, espérance), voix/souffle (poésie, scène), pratiques de troupe, subjectivation postcoloniale.

  • Normes / Transgressions : droit/coutume/censure, hétérodoxies, reconfigurations du « permis » dans les espaces sociaux.

  • Archives & génétique : manuscrits, variantes, correspondances (dépôt/valorisation à la BFM), médiations scéniques et scolaires.

  • Genres & imaginaires : circulations entre roman/théâtre/poésie ; intersection genre/classe/race ; mythologies politiques ; traductions intersémiotiques ; intermédialité

  • Scène(s) et archive(s) : procédés de textualisation ; dramaturgies ; l’archive comme objet cross-media ; mémoire et patrimoine.

Comité d’organisation

  • Buata Malela (EHIC, Université de Limoges)
  • Cécile Bertin (EHIC, Université de Limoges)
  • Valeria De Luca (CERES, Université de Limoges)

AAC: Écologies relationnelles dans les études françaises et francophones

Écologies relationnelles dans les études françaises et francophones

28e Congrès biennal de l’AFSSA

Association d’Etudes Françaises en Afrique Australe

Université de Pretoria, Afrique du Sud

Invitée d’honneur : Véronique Tadjo

Nouvelle date-butoir : 28 février 2026

Appel – Congrès de l’AFSSA 2026 – Ecologies-relationnelles

Les monuments souterrains dans les littératures et les arts des Suds

Journée d’étude

Organisateurs : Xavier Garnier, Marie Pernice

Vendredi 24 octobre 2025
Université de la Sorbonne – Salle F007
17 rue de la Sorbonne 75007 Paris

Le vendredi 24 octobre aura lieu à l’université de la Sorbonne en salle F007 la journée d’étude “Les monuments souterrains dans les littératures et les arts des suds“.

Il s’agira, au cours de cette journée d’étude, d’interroger les modalités selon lesquelles pourrait s’exercer et s’incarner une puissance souterraine qui se refuserait à établir une domination que ce soit à travers ses actes ou à travers les signes qui la matérialisent. Nous proposons de mener la réflexion depuis les Suds, en tant qu’espaces que l’on tend à identifier notamment par la position d’infériorité qu’ils occuperaient dans des relations de pouvoir d’ordre historique, culturel, économique en contexte colonial ou postcolonial. Réfléchir aux conditions de possibilités d’une force et d’une monumentalité souterraines pourrait permettre de rebattre les équilibres établis dans les Suds en considérant d’autres critères de définition de la puissance.

Programme

9h-9h30 : Accueil des participant.e.s

9h30-10h : Introduction

10h-10h30 : Intervention à deux voix

Lucile COMBREAU (Université de Montpellier) et Marion GRANGE (EHESS) – « Alliances interespèces, apprentissages et transformations dans les profonds sous-marins : Non-noyées d’Alexis Pauline Gumbs »

10h30-11h : Pause

11h-12h30 : Session 1 : Monuments aquatiques

  • Colette CAMELIN (Université de Poitiers) – « Les moaï et les eaux souterraines : Édouard et Sylvie Séma Glissant, La Terre magnétique, Les Errances de Rapa Nui, l’île de Pâques)
  • Dorothée BOULANGER (Université d’Oxford) – « La puissance des profonds par-delà la domination ? Interactions interespèces dans une grotte sous-marine en Angola »
  • Aphélandra SIASSIA (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3) – « Penser l’envers : pour une lecture cosmogonique du travail de Zanele Muholi »

12h30-14h : Déjeuner

14h-15h30 : Session 2 : Puissances occultes

  • Nick Mdika TEMBO (University of Malawi) – « Ritual, Catastrophe, Mourning : Napolo in Malawian Literature, Culture and Politics »
  • Hamza Ibrahim DIALLO (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3) – « Les souterrains du mélodrame africain : un siège de pouvoirs occultes »
  • Quentin MORVAN (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3) – « Souterrains et subalternité dans l’oeuvre romanesque tardive d’Édouard Glissant : vers le paradigme géologique des profonds »

15h30-16h : Pause

16h-17h30 : Session 3 : Circulations souterraines

  • Alexandra POULAIN (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3) – « La mine et le monument : dessiner la catastrophe. À propos de deux films d’animation de William Kentridge »
  • Alice DESQUILBET (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3) – « The Underground Railroad, Colson Whitehead »
  • Claire DUTRAIT (Aix – Marseille Université) – « Contribuer aux récits des profonds ? Une occasion de réévaluer le rôle de la fiction pour tramer nos lignes de vie »

URL de référence : https://www.thalim.cnrs.fr/colloques-et-journees-d-etude/article/les-monuments-souterrains-dans-les-litteratures-et-les-arts-des-suds?id_evenement=4849&lang=fr

Je Monuments souterrains – Programme

Littératures africaines et écologie

Littératures africaines et écologie

M. Bâ, A. Chaudemanche, A. Diaw, X. Garnier, C. Riffard, S. Seye (dir.)

Éditions Karthala, coll. Lettres du Sud, mai 2025, 342 p. ISBN: 9782384093335

Les menaces écologiques qui pèsent sur le continent africain, à cause du réchauffement climatique, des prédations extractivistes ainsi que des conséquences des conflits armés, trouvent des répercussions fortes sur le plan littéraire. Loin d’être périphérique, l’expérience africaine est centrale en matière écologique précisément parce que le continent a été considéré comme le grand pourvoyeur de ressources d’un système-monde moderne à bien des égards écocidaire.
Les écrivaines et les écrivains africains ont ainsi une considérable longueur d’avance dans le combat écologique et ce volume étudie la façon dont leurs oeuvres annoncent le désastre et proposent des moyens d’y résister pour l’avènement d’un vivre-ensemble qui inclut tous les constituants de l’écosystème. Il importe alors d’envisager selon quels moyens littéraires les écrivains africains transforment leur conscience écologique en dynamiques créatrices.

Mamadou Bâ est professeur de littératures africaines et francophones à l’université Cheikh Anta Diop. Alice Chaudemanche est maîtresse de conférences en langue et littérature wolof à l’INALCO. Alioune Diaw est maître de conférences titulaire en littératures africaines à l’université Cheikh Anta Diop. Xavier Garnier est professeur de littératures africaines à la Sorbonne Nouvelle. Claire Riffard est ingénieure de recherche à l’ITEM (CNRS-ENS). Serigne Seye est maître de conférences titulaire en littératures africaines à l’université Cheikh Anta Diop.

Ont également contribué à cet ouvrage : Eloïse Brezault, Sylvie Brodziak, Sara Buekens, Marion Coste, Mamadou Diol, Abdoulaye Diouf, Denis Assane Diouf, Claire Dutrait, Mamadou Faye, Khadr Hamza, Jamie Herd, Coudy Kane, Pierre Leroux, Catherine Mazauric, Papa Bocar Ndaw, Fabiola Obame, Marie Pernice, Felwine Sarr, Aliou Seck, Nicolas Treiber.

Ce volume fait suite au Congrès 2023 de l’APELA, tenu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Page sur le site de l’éditeur : https://www.karthala.com/accueil/3638-10211-litteratures-africaines-et-ecologie.html#/22-ebook-papier

Extractivism Viewed from the South

Comparative Perspectives in Film and Literature

African Languages, Literatures and Cultures Network

University of Oxford, One Day Workshop, Thursday 19 June 2025, All Day – Part of the African Languages, Literatures and Cultures Network events – Online and in person, Colin Matthew Room, Radcliffe Humanities Building

This workshop proposes to examine the ways in which extractivism, which can be defined as a mode of extraction of resources and energy that is inherently exploitative, ecologically unsustainable and supports imperial modes of living (Post 2023: 12), is represented in film, poetry, orality and literary fiction from the Global South. By exploring perspectives on extractivism from Angola, Brazil, the Caribbean, Chile, Costa Rica, Ecuador, India, Nigeria and South Africa, we seek to highlight the connections between coloniality and environmental destruction, human and more-than-human exploitation, while grounding our reflection in the material realities of the Global South in their historical, cultural, ecological and linguistic diversity. In line with Malcom Ferdinand’s decolonial ecology (2021), which explicitly connects social justice and environmental struggles, we analyse poetry, fiction, film and visual media in Aikanã, English, French, Portuguese and Spanish through an ecological lens.
Examining literary and visual representations of extractivism– also understood as a process that reduces more-than-human (and, historically, some human) forms of life to global commodities (Gómez-Barris 2017: xvi) – and multifaceted resistance against it, this workshop’s papers will shed light on extractivism’s regional, ecological and cultural specificities across the globe, offering opportunities for researchers to dialogue across disciplines, areas and languages. A comparative perspective also highlights and questions the usefulness of the Global South as concept and reality from different regional perspectives, and in connection with issues surrounding extractivism and its visual and literary representations.
Environmental crises have regularly been labelled a crisis of the imagination, an inability of seeing and imagining worlds beyond capitalism and neoliberalism. Similarly to the term “Anthropocene”, which blames the human species, rather than a small minority of men, for ecocide, the idea of “a crisis of the imagination” may need to be revised, as we consider the cultural production of peoples who have long struggled against cultural and epistemic erasure. With this in mind, the question of the capacity of literature and film from the Global South to adequately report and mobilise about environmental issues as political issues, can be a productive way to engage with creative representations of extractivism. Beyond representations and denunciations of extractivism, we wish to explore artistic and literary works portraying the multifaceted ways in which humans and more-than-humans have sustained alternative modes of inhabiting the earth, resisted extractive forces, imagined new forms of interspecies solidarities, and deployed unforeseen forms of agency.

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