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AAC: Ken Bugul : une trajectoire dans les marges

Colloque international & interdisciplinaire

Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 8 – 11 juin 2027

  • Envoyez vos propositions de contribution au plus tard le 1er octobre 2026 à : kenbugul@ucad.edu.sn
  • Réponse du comité scientifique : 15 novembre 2026

Ken Bugul, Mariétou Mbaye Biléoma à l’État civil, est une figure majeure de la littérature africaine francophone et mondiale. Née en 1947 au Sénégal, elle est particulièrement connue pour sa trilogie autobiographique : Le Baobab fou (1982), Cendres et Braises (1994) et Riwan ou le chemin de sable (1999) récompensé par le Grand Prix littéraire d’Afrique noire. Son œuvre est riche de huit autres fictions romanesques, publiées entre 2000 et 2022, qui ont retenu l’attention de la critique.

Le dépôt et la numérisation des archives personnelles de l’écrivaine

À ce corpus édité s’ajoute un nombre considérable d’archives personnelles, qui viennent d’être déposées à la Bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. En effet, en 2025, agissant pour le compte de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) et de l’équipe « Manuscrits francophones » de l’Institut des Textes et Manuscrits modernes (ITEM) − UMR 8132 (ENS/CNRS), les chercheur·ses Florian Bobin, Serigne Seye et Céline Labrune Badiane ont rassemblé et inventorié les archives papier et numériques de l’écrivaine, avec son soutien. Ces documents numérisés seront bientôt mis en ligne par la Bibliothèque Universitaire de l’UCAD, en partenariat avec le programme ARCHIFEM (Archives des Femmes Écrivaines) et l’ITEM, tous partenaires avec l’Université California‑Davis et l’Université de Guyane, dans un grand projet de collecte et d’étude d’archives des écrivaines africaines.

La structuration du colloque

C’est pour marquer le geste généreux de Ken Bugul que l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, à travers la Bibliothèque Universitaire et la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, organise un colloque qui revisite toute son œuvre. Les participant·e·s pourront proposer des communications sur l’ensemble de la création littéraire de l’autrice.
Pour mettre en avant ce fonds, la première journée du colloque sera consacrée à l’étude de ces archives afin de reconsidérer l’ensemble de l’œuvre de l’écrivaine, emblématique du matrimoine littéraire sénégalais, à l’aune de la génétique textuelle et/ou de l’approche
historique.
Cette première journée permettra de répondre aux questions suivantes : comment l’interprétation de l’œuvre de Ken Bugul s’enrichit‑elle de l’étude de ce fonds d’archives ? Quel réseau tisse‑t‑elle avec les cercles littéraires sénégalais, francophone et international ? Quels liens peuvent être établis entre les textes, qu’ils soient autobiographiques ou résolument fictionnels ? Quel regard l’autrice elle‑même porte sur son œuvre ?
Les journées suivantes du colloque seront consacrées aux autres aspects de l’œuvre de Ken Bugul qui, dans sa globalité, témoigne de la traversée de la fin du xxe siècle et du début du xxie par une femme sénégalaise en proie aux contradictions d’une époque mouvementée. Inscrivant sa trajectoire dans les marges de la société, de la morale et de l’esthétique littéraire, Ken Bugul a construit l’image d’une anticonformiste errant entre les espaces, soulevant des questions taboues qui secouent les certitudes de ses contemporains. Tout en refusant le politiquement correct, elle n’hésite pas à complexifier certains jugements sur des institutions traditionnelles telles que le mariage polygamique. Ses différentes publications portent les marques de ses démons et de ses rêves tant par les univers dans lesquels évoluent ses personnages que par ses choix esthétiques.

Une rencontre interdisciplinaire

Les communications attendues porteront sur les axes suivants, sans être exhaustifs :
• l’analyse génétique des archives de Ken Bugul ;
• l’écriture de soi et l’autofiction chez Ken Bugul ;
• les structures sociales africaines dans l’œuvre de Ken Bugul ;
• Ken Bugul et la société sénégalaise ;
• Ken Bugul et la condition féminine ;
• le dialogue avec les arts ;
• le rapport à l’Europe ;
• le statut de Ken Bugul dans la littérature sénégalaise ;
• esthétique et écriture chez Ken Bugul ;
• …

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René Maran et la question de l’authenticité

Vendredi 20 juin 2025, 9h-17h
Site CNRS-Pouchet, 61 rue Pouchet, 75017 Paris

Journée d’étude en mode hybride du Groupe René Maran de l’ITEM-CNRS

Cette journée d’étude est proposée comme un moment d’échange permettant d’enrichir la conférence plénière que le coordinateur du Groupe René Maran se propose de faire sur le thème « Entre Cycle de la brousse africaine et Matière de France : les convictions et désarrois de l’auteur de fictions René Maran », au Congrès de l’APELA programmé à l’Université de Strasbourg du 4 au 6 novembre 2025, sur la question : « Littératures africaines, transferts et appropriations culturelles ».
Cette conférence s’inscrit dans l’axe « constructions littéraires et artistiques de l’authenticité culturelle : pastiches, détournements, pseudonymies, postures et impostures » du Congrès, qui veut interroger « les enjeux des définitions contemporaines de l’identité et de leurs relations à l’expression culturelle : l’authenticité peut-elle être une revendication ou un critère d’évaluation des œuvres ? Sur quoi reposerait-elle ? Quelle réception induit-elle ? Et quelles conséquences à terme sur la création ? ».

Co-organisateurs : Claire Riffard et Charles W. Scheel

Entrée libre sans inscription préalable. Pour accéder au lien zoom, écrire à claire.riffard(a)cnrs.fr

Programme

Matin (9h-12h)
  • Charles W. Scheel (coordinateur) : Propos introductifs
  • Jean-Dominique Pénel : Comparaison des descriptions de paysages africains (la Tomi, les Kagas, la brousse, le Gribingui…) de René Maran avec celles des contemporains.
  • Roseline Garcia Ballester : Ce que Buata B. Malela entend par authenticité dans son ouvrage René Maran. Entre poétique du sujet et discours colonial (Paris, Hermann, coll. « Savoir lettres », 2024).
  • Laure Demougin : Le journaliste Albert Londres, auteur de Terre d’ébène (1929), et la question de l’authenticité des textes de René Maran.
Après midi (14h-17h)
  • Mbaye Gueye : « L’énergie du désespoir » dans les œuvres africaines de René Maran
  • Laura Gauthier Blasi : René Maran et La matière de France : portraits littéraires de la France coloniale en quatre récits – de « l’écrivain noir » à « l’écrivain français tout court »
  • Sylvie Brodziak : Le lyrisme comme certificat d’authenticité dans l’écriture fictionnelle de René Maran. L’exemple de « Peines de cœur ».
  • Ferroudja Allouache : L’identité telle que la conçoit, perçoit, construit Maran à travers les figures d’explorateurs choisis dans les Pionniers de l’Empire

URL de référence : http://www.item.ens.fr/je-cycle-africain-et-matiere-de-france-rene-maran

René Maran, Le cycle africain

Fruit du travail du Groupe René Maran, créé au sein de l’équipe Manuscrits francophones de l’ITEM-CNRS en septembre 2020, Le Cycle africain des œuvres de fiction de René Maran est paru dans la collection Planète libre de CNRS éditions.

Les six ouvrages de fiction publiés par René Maran entre 1921 et 1953, concernant la brousse africaine, sont réunis dans une édition critique à orientation génétique, basée sur des manuscrits conservés dans diverses archives, notamment à Paris, Bordeaux, Dakar et Philadelphie.
De nombreux documents éclairant le travail de composition et de publication de l’écrivain, pendant les trois décennies de cette production sont inclus en annexe.

  • Batouala. Véritable roman nègre (Prix Goncourt, 1921)
  • Djouma, chien de brousse (roman, 1927)
  • Le Livre de la brousse (roman, 1934)
  • Bêtes de la brousse (contes, 1941)
  • Mbala, l’éléphant (contes, 1943/1947)
  • Bacouya, le cynocéphale (roman, 1953)

Le coordinateur de l’ouvrage, Charles W. Scheel, professeur émérite de littérature américaine à l’Université des Antilles (Pôle Martinique), a été invité à le présenter dans l’émission « Face à face » de Barbara Jean-Élie, journaliste à ViàATV-Martinique, diffusée le 9 décembre 2024. L’enregistrement de 13’50” est visible en replay par le lien :
https://viaatv.tv/face-a-face-avec-charles-scheel/

Senghor : genèse, héritage, actualité

Dossier coordonné par Edoardo Cagnan et Claire Riffard, avec l’aide de Yann Bösiger

Qu’il s’agisse de l’encenser ou de le discréditer, Léopold Sédar Senghor (1906-2001) reste l’un des auteurs francophones les plus étudiés. Un groupe de recherche international, rattaché à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et à l’Institut des textes et manuscrits modernes (ENS/CNRS) à Paris, a été créé pour donner une nouvelle impulsion aux études senghoriennes. Il s’agit de partir des archives pour renouveler les approches : brouillons poétiques, carnets, correspondances, versions préoriginales… Mais constituer et consulter les archives de Senghor ne signifie pas ériger un mausolée de papier à la gloire du poète-président : il s’agit plutôt de remonter la source pour outiller le regard critique du chercheur.

Le numéro 23 de Continents manuscrits, « Senghor : genèse, héritage, actualité », est un jalon important des travaux du groupe de recherche. La section « Genèse » rassemble onze articles, issus des communications présentées lors de la journée d’étude Léopold Sédar Senghor : genèse d’une œuvre, qui s’est déroulée à la BnF-Richelieu le 27 juin 2024. Intitulée « Héritage », la deuxième section propose cinq entretiens : le premier reprend un entretien de Senghor portant sur la poésie et la francophonie, réalisé par Serge Bourjea et paru dans Notre librairie en 1985, tandis que dans les quatre autres entretiens des personnalités contemporaines (J.-G. Bosio, Sylvie Kandé, Nimrod et Elgas) partagent des souvenirs et rendent compte de leur rapport à l’œuvre de Senghor. Enfin, dans la section « Actualité », des spécialistes rendent compte d’ouvrages parus depuis 2020 sur la vie et l’œuvre poétique et politique de Senghor.

Consulter le numéro (texte intégral en accès libre)

Senghor et la promotion de la négritude

Journée d’étude du 21 septembre

URL de référence : https://kouroumanus.hypotheses.org/2978

15h30 Paris / 13h30 Dakar / 9h30 Montréal / 6h30 Vancouver

Sébastien Heiniger (Université de Genève/ITEM)

Mot d’ouverture : Senghor et la promotion de la négritude

16h Paris / 14h Dakar / 10h Montréal / 7h Vancouver

TRAVERSÉES DE L’ATLANTIQUE

Présidence : Mouhamadou Moustapha Sow (UCAD)

Édouard Djob Li Kana (Université de Douala)

La négritude et la négro-renaissance : convergences ou dissonances ?

Maëlle Gélin (Sciences Po)

Senghor, exportateur transatlantique de la négritude ?

17h15 Paris / 15h15 Dakar / 11h15 Montréal / 8h15 Vancouver

L’AMBASSADEUR DE LA NÉGRITUDE

Présidence : Edoardo Cagnan (Sorbonne Université)

Ching Selao (Université du Vermont)

La négritude de Senghor au Québec : entre enthousiasme et malentendu

Aleksa Nikolić (Chercheur indépendant)

Que faisait Senghor en Yougoslavie un soir d’été 1975 ?

Pause

18h30 Paris / 16h30 Dakar / 12h30 Montréal / 9h30 Vancouver

DAKAR, RENDEZ-VOUS DU DONNER ET DU RECEVOIR

Présidence : Antje Ziethen (U. de Colombie Britannique)

Céline Labrune Badiane (ITEM)

Senghor et les Antilles : histoire d’une relation empêchée ?

Delphine Buysse et Babacar Mbaye Diop (UCAD)

De l’influence des discours inauguraux de Senghor dans la promotion de la négritude

19h30 Paris / 17h30 Dakar / 13h30 Montréal / 10h30 Vancouver

Mbaye Diouf (Université McGill/AIELCEF)

Mot de clôture : interroger l’héritage senghorien aujourd’hui

***

Direction scientifique

Sébastien Heiniger

Pour informations

Claire Riffard (claire.riffard@cnrs.fr)

Edoardo Cagnan (edoardo.cagnan@sorbonne-universite.fr)

Pour obtenir le lien Zoom

Séminaire Senghor : senghor.item.ucad@gmail.com

 

Léopold Sédar Senghor : genèse d’une œuvre

La journée d’étude Léopold Sédar Senghor: genèse d’une œuvre se tiendra le jeudi 27 juin dans la salle des conférences de la BnF-Richelieu à Paris (5, rue Vivienne – 2e arrondissement).

Cette journée s’inscrit dans les travaux collectifs du groupe de recherche international L. S. Senghor (ITEM/UCAD) et développera une approche génétique des textes senghoriens.

La BnF conserve la plus riche collection de manuscrits littéraires de Senghor, mais ce fonds – issu de deux donations – gagne à être mis en relation avec d’autres archives en France, au Sénégal et dans le monde. Encore peu étudiés, ces fonds peuvent changer notre perception de l’œuvre senghorienne, qui mérite une analyse attentive des phénomènes stylistiques, des réseaux intellectuels et de sa réception internationale. La BnF et le groupe de recherche international L. S. Senghor (ITEM/UCAD) invitent les chercheuses et les chercheurs à entrer dans l’atelier des concepts et des textes senghoriens. Qu’est-ce que les manuscrits, les tapuscrits, les versions préoriginales et les correspondances peuvent nous apprendre du processus d’écriture, du style, de la langue et de la pensée de Senghor ?

URL de référence et programme détaillé : https://kouroumanus.hypotheses.org/2889