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La question métisse et ses avatars contemporains

Auteur(s) : Maria-Benedita BASTO, Françoise BLUM, Dorothée BOULANGER, Martin MOURRE (dir.)

éd. Karthala, 340 p., 25/06/2026
ISBN 9782384094554

Cet ouvrage s’intéresse au métissage dans les empires coloniaux modernes (XIXe-XXe siècles) – portugais, allemand, français, britannique, belge, italien, et de façon plus marginale espagnol – et à la manière dont ces empires ont inventé le concept de « métissage », l’ont défini et l’ont construit – ou non – en « question », « problème » ou « outil ». 
L’historiographie sur le sujet s’est développée depuis une vingtaine d’années, mais elle reste cloisonnée, chaque empire ayant ses spécialistes, qui ne dialoguent pas nécessairement entre eux. Ce volume contribue à combler cette lacune, en produisant donc l’analyse comparée des discours et pratiques à propos du « métissage » dans les divers espaces et à différents moments de l’impérialisme européen, y compris dans les représentations culturelles et littéraires.
Les auteurs s’intéressent aussi aux impacts contemporains des définitions et politiques impériales, à la perception du métissage dans les sociétés contemporaines et au rôle des métis dans le réexamen du passé colonial européen. La « question métisse » est en effet très présente dans les débats mémoriels sur les héritages coloniaux, y compris au plus haut niveau institutionnel, comme en atteste la plainte déposée en 2020 par cinq femmes métisses contre l’État belge pour « crime contre l’humanité » perpétré au Congo.

Maria-Benedita Basto est maîtresse de conférences au département d’études ibériques et latino-américaines de l’université de la Sorbonne, chercheuse au CRIMIC et chercheuse associée à l’IMAF/EHESS et à l’IHC/Nova (Lisbonne). Françoise Blum est ingénieure de recherche émérite au Centre d’histoire sociale des  mondes contemporains (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne/CNRS). Dorothée Boulanger est chercheuse à l’Université d’Oxford, où elle est rattachée au master interdisciplinaire en études de genre et de sexualité, et chercheuse associée  au LAM. Martin Mourre est membre affilié de l’Institut des mondes africains  (IMAF, CNRS-UMR 8171). 

Ont contribué à cet ouvrage : Assembe Alvine, Barros Crisanto, Bashkirov  Mikhail, Basto Maria-Benedita, Blum Françoise, Bobineau Julien, Boidin  Capucine, Boulanger Dorothée, Brun Solène, Cahen Michel, Denéchère Yves, Dewulf Valentine, Goerg Odile, Labanca Nicola, Labrune-Badiane Céline,  Lazagna Angela, Lee Christopher, Monaville Pedro, Mourre Martin, Rillon Ophélie, Saada Emmanuelle, Smith Étienne, Stoler Ann Laura, Tisseau Violaine.

Page sur le site de l’éditeur : https://www.karthala.com/accueil/3681-10284-la-question-metisse-et-ses-avatars-contemporains.html#/22-ebook-papier

Le fait littéraire francophone

Héritages systémique et métaphysique

Buata B. Malela, Le fait littéraire francophone. Héritages systémique et métaphysique. Paris, Hermann, 2026, 220p.

 
Ce volume propose une relecture épistémologique du fait littéraire francophone, en articulant héritages systémiques et fondements métaphysiques. Buata B. Malela y développe une approche transhénologique qui envisage la francophonie littéraire comme un espace dialogique structuré par la tension entre l’Un et le Multiple.
Tout d’abord, à travers une critique des dynamiques centre-périphérie, puis d’une analyse des institutions littéraires, des systèmes de légitimation et des théories critiques (postcoloniales, polysystémiques, hénologiques), l’auteur questionne les conditions d’autonomie, de reconnaissance et de transmission des productions littéraires francophones dans un monde globalisé. La démarche interroge la validité des cadres franco-centriques et propose un décentrement théorique, philosophique et méthodologique permettant d’appréhender ces littératures comme des praxis esthétiques à part entière.
S’inscrivant également dans une perspective comparatiste, l’ouvrage éclaire les enjeux identitaires, linguistiques et symboliques propres aux littératures du Maghreb, d’Afrique subsaharienne, des Antilles et de l’océan Indien. Il s’adresse aux chercheurs en études littéraires, en philosophie, en sciences humaines et sociales, ainsi qu’à tous ceux qui s’intéressent aux recompositions critiques de la francophonie contemporaine.
 
Buata B. Malela est professeur des universités en littératures française et francophone des xxe et xxie siècles à l’université de Limoges. Membre du laboratoire EHIC (Espaces humains et interactions culturelles), ses recherches portent sur les discours littéraires francophones (Afrique, Antilles, Archipel des Comores), sur le questionnement du sujet dans les cultures médiatiques francophones, la sociologie de la littérature, ainsi que sur la pop musique contemporaine.
 

Ouvrir les frontières de la littérature française

Revue ELFe XX-XXI n°16, 2026

Sous la direction de Guillaume Bridet et Virginie Brinker

Ce numéro de la revue ELFe-XX-XXI, riche d’une trentaine d’articles, s’inscrit dans une réflexion contemporaine sur l’écriture d’une autre histoire de la littérature française, ou plutôt d’autres histoires, qui interrogent le cadrage national habituellement admis et qui posent le principe que chaque peuple et chaque culture y ont a priori droit de cité. Les articles qui le composent envisagent dans la même histoire des œuvres dites de « littérature française », de « littérature francophone » ou venues encore d’ailleurs et traduites en français, sans hiérarchie, dans le respect de leurs singularités, et sans les essentialiser en les rapportant, selon les cas, à l’un ou l’autre des corpus. Ils s’intéressent à diverses modalités de circulation – des auteurs, des autrices, des œuvres, des langues et des imaginaires. Ils ouvrent les frontières de la littérature française et écrivent une histoire entre les mondes.

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Abdulrazak Gurnah: A Reappraisal

Postcolonial Literatures and Arts 4.1
Abdulrazak Gurnah: A Reappraisal

 
Le numéro de printemps (4.1) de Postcolonial Literatures and Arts, consacré à Paradise, l’oeuvre d’Abdulrazak Gurnah figurant au programme de l’agrégation externe d’anglais, est en ligne et en libre accès :
 
Ce dossier spécial a été coordonné par Cédric Courtois (U. Lille) et Mélanie Joseph-Vilain (U. Bourgogne Europe), et contient 11 contributions qui, nous l’espérons, seront utiles à notre communauté de chercheuses, chercheurs, étudiants et étudiantes. 
Nous souhaitions attirer votre attention par ailleurs sur deux articles hors thème et deux entretiens (avec Tsitsi Dangarembga, écrivaine zimbabwéenne et Emin Quotah, écrivaine saoudienne-états-unienne).

Table des matières

Abdulrazak Gurnah: A Reappraisal
 
  • Cédric Courtois and Mélanie Joseph-Vilain : Abdulrazak Gurnah: A Reappraisal. Introduction
  • Delphine Froment : Contextualising Paradise: East Africa on the Brink of the Twentieth Century
  • Nina Berman and Rachel Muchira : Writing-back at the German and Kiswahili Archive: Hidden Transcripts and Critical Fabulations in Abdulrazak Gurnah’s Novels Paradise and Afterlives
  • Kerry-Jane Wallart : Slavery and Extractivism: Reading Paradise through the Prism of Decolonial Ecology
  • Élodie Raimbault : Connecting with the Non-Human: Abdulrazak Gurnah’s Postcolonial Poetics of Materiality in Paradise
  • Jaine Chemmachery : Time cheats all of us like that:” Time as Writing Matter in Abdulrazak Gurnah’s Paradise (2004) 
  • Maëlle Jeanniard du Dot : The implac(e)ability of place in Abdulrazak Gurnah’s By the Sea (2001) and Paradise
  • Mélanie Joseph-Vilain : Storytelling and Performance: Interpreting Identities in Paradise (1994)
  • Vanessa Guignery : “Laugh[ing] now before life knots you up:” the Poetics of Laughter in Abdulrazak Gurnah’s Paradise
  • Cédric Courtois : “Yusuf sighed heavily, shamed by his failure and dishonour:” Poetics and Politics of Shame in Abdulrazak Gurnah’s Paradise (1994) and Theft (2025)
  • Nathalie Carré : “Kurudi(sha) nyumbani:” Reflections on the Swahili Translation of Paradise
  • Ida Hadjivayanis : “Why do we have so many uncles?”: Linguistic Transference and Translationality in Gurnah’s Peponi and Dhulma
  • Christine Lorre : Bodies in Contact: Corporeality, Mobility, and Change in Abdulrazak Gurnah’s Paradise (1994) 

Varia

  • J. Coplen Rose : Humour and Healing in Lara Foot Newton’s Reach 
  • Morgane Flahault : Self-Translating Gender, Sexuality and Race in Rosario Ferré’s “De tu Lado al Paraíso”

Interviews

  • “I like to fill gaps,” an interview with Tsitsi Dangarembga” – Tsitsi Dangarembga interviewed by Raphaël Thierry
  • Cultural Crossroads, Transnational Narratives, and the Poetics of Displacement: In Conversation with Eman Quotah – Eman Quotah interviewed by Ishak Berrebbah

Reviews 

  • Maëline Le Lay : Simon Gikandi, and R. N. Sandberg, eds. Global Theatre Anthologies: Ancient, Indigenous and Modern Plays from Africa and the Diaspora. London: Bloomsbury/Methuen Drama, 2023.
  • Neela Cathelain : Françoise Vergès. Making the World Clean: Wasted Lives, Wasted Environment, and Racial Capitalism. London: Goldsmiths Press, 2024. 

Une pionnière de l’afroféminisme

Notre Sœur Rabat-Joie d’Ama Ata Aidoo : une voix majeure à redécouvrir

MansA – Maison des Mondes Africains (26 rue Jacques Louvel-Tessier, Paris 10e), le 12 mai à 19h30

Entrée libre sur réservation

À l’occasion de la parution en français de Notre Sœur Rabat-Joie – Méditations obliques d’une Noire, MansA consacre une rencontre à ce texte fondateur de la littérature féministe africaine. Entre satire, poésie et critique postcoloniale, Ama Ata Aidoo propose un regard incisif sur les rapports entre Afrique et Occident, à travers le parcours d’une jeune femme en quête de lucidité.

Sissie, une jeune étudiante dans le Ghana des premières années de l’indépendance, obtient une bourse de séjour en Europe. Le périple qui la mène de l’Allemagne à l’Angleterre lui démontre à quel point les rapports des Africaines et des Africains à l’Occident et à eux-mêmes restent modelés par la colonialité. 
Dans cette œuvre incontournable de la littérature féministe africaine enfin traduite en français, tout est affaire de décentrement du regard et des repères. Ici, la décolonisée sceptique observe les anciens colonisateurs. Soigneusement tissé de prose et de vers libres, ce roman drôle et acerbe d’Ama Ata Aidoo nous ouvre les pensées d’une femme noire qui s’aventure au cœur de la blanchité. 
Notre Sœur Rabat-Joie est le premier roman de la femme de lettres ghanéenne Ama Ata Aidoo, initialement écrit en 1966 et publié en 1977 à Londres. Texte fondateur de l’expérimentation textuelle féminine et féministe sur le continent, ce roman s’impose comme incontournable par la force de son engagement féministe et anticolonialiste, allié à la puissance de son écriture. Cinquante ans après sa première publication, il garde toute sa fraîcheur et sa force initiale. Alors si Ama Ata Aidoo demeure encore largement méconnue dans le monde francophone, cette traduction entend y remédier. 

Ama Ata Aidoo (1942-2023) est une autrice et dramaturge ghanéenne, dont l’œuvre abondante – romans, poésie, nouvelles, pièces de théâtre et essais – explore les défis post-coloniaux et la condition féminine africaine. Elle poursuit une longue carrière de professeure d’université (Ghana, Kenya, Zimbabwe, États-Unis) et lutte tout au long de sa vie pour l’accès à l’éducation et à l’écriture des femmes noires, à partir de son engagement politique et des organisations militantes qu’elle fonde.

URL de référence : https://mansa.fr/evenement/notre-soeur-rabat-joie-dama-ata-aidoo-une-voix-majeure-a-redecouvrir/

Intervenants

  • Mame Fatou Niang – Professeure des universités en littérature française et directrice-fondatrice du Centre d’études noires européennes et atlantiques à l’université de Carnegie Mellon (Pittsburgh). Ses recherches portent sur les géographies noires, la noirité en France et l’institutionnalisation des études noires. Elle est également commissaire internationale du Festival littéraire de Rio de Janeiro et artiste en résidence aux Ateliers Médicis à Paris. Elle a coréalisé Mariannes Noires : Mosaïques Afropéennes (2015) et publié l’essai Universalisme (Anamosa, 2022).
  • Patricia Houéfa Grange – Poétesse, traductrice et artisane de la voix haute. Née à Cotonou, elle développe un travail ancré dans des héritages multiples entre le Bénin, le Cap-Vert et la France. Son œuvre explore les questions de multiculturalité, de transmission et de corporalité, avec une attention particulière portée aux expériences et luttes des femmes. Elle est co-traductrice de Notre Sœur Rabat-Joie.
  • Guillaume Cingal – Maître de conférences en littératures anglophones et postcoloniales, traduction et traductologie à l’Université de Tours. Spécialiste des littératures d’Afrique anglophone et des études postcoloniales, il est également traducteur d’essais historiques et critique littéraire. Il collabore régulièrement avec des revues et a participé aux Assises de la traduction littéraire. Il est co-traducteur de Notre Sœur Rabat-Joie.
  • Sacha Shiro (modération) – Membre de l’équipe éditoriale de Ròt-Bò-Krik, elle poursuit un master en Humanités/Littérature à la Sorbonne Nouvelle, spécialisé en études de genre, postcoloniales et subalternes.
Également au calendrier de mai des éditions Ròt-Bò-Krik :
  • UN COUPLE PANAFRICAIN
    à la librairie Les Insolites, Tanger – mercredi 6 mai
  • NOTRE SŒUR RABAT-JOIE
    à la librairie Les Grandes largeurs, Arles – mercredi 6 mai
  • NOTRE SŒUR RABAT-JOIE
    à la Maison des mondes africains, Paris – mardi 12 mai
  • NOTRE SŒUR RABAT-JOIE
    à la Comédie du livre, Montpellier Sapotille Book Club – samedi 16 mai
  • MAGHREB NOIR
    à l’Espace 1789, Saint-Ouen Decolonial Film Festival – samedi 16 mai
  • NOTRE SŒUR RABAT-JOIE
    à la librairie L’Affranchie, Lille – mercredi 20 mai
  • FANTÔMES DE LA RÉVOLUTION NOIRE
    lancement au Monte-en-l’air, Paris – jeudi 21 mai
  • FESTIVAL NOUVELLES VOIX
    à Communale, Saint-Ouen – vendredi 22 mai et samedi 23 mai
  • NOTRE SŒUR RABAT-JOIE
    à la librairie Les Temps sauvages, Tours – mercredi 27 mai
  • CE QUE LE RACISME FAIT AUX SAVOIRS
    à l’université de Strasbourg – jeudi 28 et vendredi 29 mai
  • FESTIVAL LIRE C’EST LIER
    à la Cité audacieuse, Paris – vendredi 29 et samedi 30 mai

Postmigration et postcolonialisme

Postmigration and Postcolonialism / Postmigration et postcolonialisme

Comparative Perspectives on French- and German-Language Literatures and Music / Perspectives comparées sur les musiques et littératures franco- et germanophones

Édité par Marion Coste et Martina Kopf

Ed. De Gruyter Brill, 2026
 

Ces dernières années, le concept de postmigration a pris une importance grandissante dans la recherche interdisciplinaire, qu’il s’agisse d’une génération postmigrante (d’auteur·e·s ou de musicien·ne·s), de sociétés ou encore de perspectives postmigrantes. Les parallèles avec le postcolonialisme ont souvent été soulignés. Dans quelle mesure les deux approches se recoupent-elles en termes de contenu et de structure ?

Issu d’une collaboration franco-allemande, ce volume se propose de répondre à cette question au-delà d’un contexte strictement national, à travers des réflexions théoriques et des études de cas tirées des littératures et musiques franco- et germanophones. Les contributions traitent des relations entre le rap, la littérature contemporaine et la migration, des relations intermédiales entre littérature et musique, des concepts d’identité et de corps d’une génération postmigrante, des réflexions et pratiques linguistiques postmigrantes ou encore des projets de société postcoloniaux et postmigrants.

Plus d’informations, ouvrage en Open Access